Les emprunteurs ayant signé entre 2022 et 2024 ont souvent financé leur bien au-dessus de 3,80 %. Avec des taux revenus sous les 3 %, la question du rachat se pose légitimement. Mais une mensualité plus basse ne signifie pas toujours une opération gagnante : tout dépend de l'économie nette, une fois les frais déduits, rapportée à la durée restante du prêt.
La seule mesure qui compte : l'économie nette
L'économie nette se calcule en comparant le coût total restant du prêt actuel au coût total du nouveau prêt, frais inclus. Elle se mesure sur le capital restant dû, jamais sur le montant initialement emprunté, et intègre l'ensemble des frais de l'opération : indemnités de remboursement anticipé, frais de dossier, frais de garantie ou de substitution, frais de courtage éventuels.
- Les indemnités de remboursement anticipé sont plafonnées : 3 % du capital restant dû ou six mois d'intérêts, selon le montant le plus faible.
- Les frais de garantie d'un nouveau prêt peuvent être évités grâce à la substitution de garantie ou à la délégation.
- Les frais de dossier se situent généralement entre 500 € et 1 500 € selon l'établissement.
- Le coût de l'assurance emprunteur peut baisser fortement en cas de changement de contrat, surtout si l'âge des emprunteurs a évolué.
Un exemple chiffré
Prenons un prêt de 250 000 € signé en 2023 sur 25 ans à 4,20 %, avec un capital restant dû de 232 000 € et 22 ans restants. La mensualité actuelle, hors assurance, est d'environ 1 340 €. Un rachat à 2,95 % sur 22 ans ramène la mensualité à environ 1 190 €, soit 150 € d'économie mensuelle.
| Poste | Montant |
|---|---|
| Économie mensuelle | 150 € |
| Frais de l'opération (IRA, dossier, garantie) | 3 400 € |
| Nombre de mois pour amortir les frais | environ 23 mois |
| Économie nette sur 22 ans | environ 36 000 € |
Si la durée restante est inférieure au nombre de mois nécessaires pour amortir les frais, l'opération n'a pas d'intérêt économique : mieux vaut alors renégocier uniquement l'assurance ou négocier une modulation d'échéance.
Vérifiez l'intérêt réel d'un rachat sur votre prêt
Indiquez vos revenus, votre capital restant dû et votre durée actuelle : nous calculons l'économie nette avant de lancer quoi que ce soit.
Demander une étudeRenégociation ou rachat : quelle différence ?
La renégociation se fait avec la banque actuelle, sur le même prêt : elle est plus rapide et souvent moins coûteuse, mais limitée à son propre barème. Le rachat implique un nouveau prêt souscrit auprès d'un autre établissement, qui rembourse l'ancien. Il demande une nouvelle analyse de dossier et davantage de formalisme, mais ouvre la concurrence et permet de renégocier la garantie et l'assurance.
Quand l'opération est perdante sans être évidente
- Le prêt est couvert par un taux fixe très bas signé avant 2022 : aucun gain possible.
- Le capital restant dû est faible : les frais fixes pèsent trop lourd dans le calcul.
- La durée restante est courte : l'économie mensuelle n'a pas le temps d'amortir les frais.
- Le dossier présente un risque nouveau (changement de statut professionnel, incident bancaire) : le rachat peut être refusé ou assorti d'un taux moins favorable.
Un conseiller compare systématiquement les trois scénarios : statu quo, renégociation avec la banque actuelle, rachat externe avec délégation d'assurance. Cette comparaison se fait sur le coût total, pas sur la seule mensualité.
Les taux affichés sont indicatifs et peuvent varier selon les partenaires : le taux le plus bas peut atteindre 1,94 %.
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